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Économie/Social

Edmond Maire : hommage

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À la suite du décès d’Edmond Maire, Jean Grosset, directeur de l’Observatoire du dialogue social de la Fondation Jean-Jaurès, rend hommage à cette grande figure du syndicalisme. 

C’est un grand syndicaliste qui nous a quitté le 1er octobre 2017.

Il fut secrétaire général de la CFDT 1971 à 1988 et cette organisation « salue un fondateur du syndicalisme du réel ». « Nous avons appris à regarder un peu plus la réalité en face », déclare le secrétaire général actuel de la CFDT Laurent Berger.

Edmond maire a toujours voulu exprimer le quotidien des travailleurs et a toujours combattu pour améliorer concrètement leurs conditions de vie et de travail. Partisan du dialogue social et du réformisme, il a toujours cherché les compromis favorables aux salariés.

Proche de Michel Rocard, partisan de la social-démocratie, il adhère au Parti socialiste en 1974. Il a activement milité pour que le Parti socialiste respecte et comprenne le syndicalisme. Dans cette action, il s’est heurté à de nombreux obstacles. À partir de cette expérience, il a réaffirmé la nécessité de l’autonomie du syndicalisme vis-à-vis du politique.

Combattant résolu pour la défense des libertés, il a agi avec le mouvement syndical progressiste pour la reconnaissance du syndicalisme indépendant dans les pays de l’Est sous domination communiste. Le soutien apporté à Solidarnosc en est l’exemple le plus connu.

Favorable à un syndicalisme de transformation sociale, il a proposé un cap de compromis et de réforme négocié avec le patronat. En effet, pour lui l’action syndicale s’incarnait dans une politique contractuelle. Il insistait déjà sur la nécessité de négocier au plus près des salariés, c’est-à-dire l’entreprise.

Edmond maire a rappelé les motifs de ses engagements dans son discours lors de l’hommage national rendu à Michel Rocard en juillet 2016. Avec une grande émotion, il a souligné à cette occasion la noblesse de l’engagement syndical, de la démocratie sociale, complément indispensable à la démocratie politique.

Au moment où la question du dialogue social revient sur la scène publique, sa démarche réformatrice est un guide pour l’action.