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50 nuances de droite. Typologie des radicalités politiques en Europe

23/05/2014 1’
Jean-Yves Camus Jean-Yves Camus
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Eurosceptiques ? Populistes ? Souverainistes ? Partis d’extrême droite ? A la veille des élections européennes, Jean-Yves Camus, directeur de l’ORAP, dresse une typologie des droites européennes, une famille politique plus hétérogène que les sondages ne le montrent.

Synthèse :

Les élections européennes permettent à de nombreux partis politiques d’extrême droite de se présenter en raison du mode de scrutin à la proportionnelle et de son enjeu qui fédère l’expression des mécontentements. Néanmoins, pour Jean-Yves Camus, la catégorisation de ces partis n’est en réalité pas si évidente et masque les résultats des eurosceptiques de gauche et de la gauche qui propose une alternative au modèle en place. Le rapport de force entre le PPE et le PSE reste crucial. D’après une projection, les eurosceptiques obtiendraient moins de 30 % des sièges, ce qui est loin du raz-de-marée annoncé.

L’enjeu principal de ces élections réside au sein de la famille des droites européennes : le poids de la droite conservatrice, libérale et démocrate-chrétienne et celui de la droite nationaliste, populiste et identitaire pourront être mesurés. Jean-Yves Camus établit ainsi une typologie des sous-familles de l’extrême droite qui présente de véritables nuances. L’UKIP britannique, l’Alternative pour l’Allemagne et Debout pour la République souhaitent par exemple que leur pays se retire de l’Union européenne mais ils ne constituent pas pour autant des partis extrémistes.

Les partis néo-fascistes, néo-nazis, et racialistes comme le NPD (Allemagne), le British National Party, Aube dorée (Grèce), Jobbik (Hongrie) sont en voie de marginalisation et présentent des candidats pour obtenir une certaine visibilité.

L’Alliance européenne pour la liberté, dont le FN, le FPÖ, le Vlaams Belang flamand ou encore le PVV néerlandais de Geert Wilders font partie, veut se démarquer de cette extrême droite historique et entend constituer un groupe parlementaire au Parlement européen. Mais ses difficultés sont nombreuses : pour y arriver, sept pays doivent être représentés et cette union est plus matérielle qu’idéologique. Cette alliance demeure fragile.

Entre la droite conservatrice et l’Alliance, une multitude de partis gravitent : les Vrais Finnois, les Italiens de La Destra, le Parti populaire des belges francophones... Les forces de droite semblent par conséquent se disperser. Jean-Yves Camus rappelle également la participation de petites formations défendant les valeurs chrétiennes comme le parti Force Vie de Christine Boutin et l’European Christian Political Movement.

Pour le spécialiste de l’extrême droite, le panorama dressé montre une évolution de la typologie de la droite au niveau européen. Au clivage classique entre libéraux et conservateurs se substitue un éclatement de la droite qui voit émerger des ovnis politiques et des partis radicaux postmodernes, laissant derrière eux l’extrême droite traditionnelle.

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