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Brève introduction au populisme
Brève introduction au populisme Cas Mudde, Cristobal Rovira Kaltwasser Acheter à 16,50€
Démocratie
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Brève introduction au populisme

08/11/2018 2’
Cas Mudde, Cristobal Rovira Kaltwasser
Préface de Jean-Yves Camus
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Avec cette traduction de l’ouvrage, paru en anglais aux Presses universitaires d’Oxford, de Cas Mudde, professeur à l’université de Géorgie (États-Unis), et Cristóbal Rovira Kaltwasser, professeur à l’université Diego Portales (Chili), la Fondation Jean-Jaurès, la Fondation européenne d’études progressistes et les éditions de L’Aube ont souhaité rendre accessible au public francophone cette analyse du populisme qui combine – fait rare – les perspectives européenne, nord-américaine et latino-américaine.

Ce livre est accompagné d’une préface de Jean-Yves Camus, directeur de l’Observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean-Jaurès. Pour lui, cet ouvrage permet, à travers la définition académique aussi précise que possible du terme « populisme » que livrent les auteurs, d’acquérir une connaissance fine du phénomène grâce à laquelle nous pourrons « argumenter de manière raisonnable sur chacun des problèmes soulevés par les populistes ».

 

Table des matières

Préface
Jean-Yves Camus

1. Qu’est-ce que le populisme ?

2. Le populisme à travers le monde

3. Populisme et mobilisation

4. Le leader populiste

5. Populisme et démocratie

6 . Causes et ripostes

Références bibliographiques

 

Préface
Jean-Yves Camus

Le terme de «  populisme  », comme avant lui (et toujours) celui d’« extrême droite », nécessite, pour être utilisé avec pertinence, une définition académique aussi précise que possible. Telle est l’ambition, amplement réussie, de Cas Mudde et Cristóbal Rovira Kaltwasser dans cet ouvrage, qui, fait rare, combine les perspectives européenne, nord-américaine et latino-américaine.

À vrai dire, tous ceux qui ont suivi Cas Mudde depuis les débuts de sa carrière universitaire savent qu’il a patiemment construit une œuvre au sens le plus élevé du terme. Sa thèse doctorale, soutenue en 1998 à l’université néerlandaise de Leyde, était déjà un travail marquant sur «  La famille politique des partis d’extrême droite[1]   », dont il ressortait que le «  nativisme  » était et reste le principal point commun des formations de ce qu’on appelait alors la «  troisième vague  » des partis d’extrême droite depuis 1945. Le «  nativisme  » est alors défini comme «  l’idéologie selon laquelle les États doivent être exclusivement habités par les membres du groupe “de souche” et que ceux qui n’y appartiennent pas constituent une menace pour l’homogénéité de l’État-Nation  ».

Puis, dans un autre ouvrage déterminant[2], il a pris en compte l’évolution historique et idéologique de cette famille d’extrême droite, réservant désormais l’usage de ce terme aux formations dont l’agenda est antidémocratique. Il focalise désormais ses recherches sur la «  droite radicale populiste  », dont les traits saillants sont, outre le nativisme, l’autoritarisme et le populisme. Restait à donner de ce mot, souvent utilisé sans beaucoup de précision quant à son contenu, une définition à la fois simple et opérante. C’est ce que Cas Mudde a fait en invitant à considérer le populisme comme la croyance dans le fait que la société est constituée par deux groupes antagonistes et homogènes, «  les élites  » et «  le peuple  », respectivement «  corrompues  » et «  pur  », donc irrémédiablement opposés par leur vision des fins de la politique, qui consisterait pour les unes à dévoyer à leur profit l’intérêt général et pour l’autre à l’incarner avec le moins de filtres possible.

Ayant pris pour champ d’étude, au début de sa carrière, l’Europe d’abord occidentale puis tout entière, Cas Mudde enseigne aujourd’hui à l’université de Géorgie, aux États-Unis. Il a donc pu suivre aux premières loges l’élection présidentielle américaine de 2016 et l’accession à la présidence de Donald Trump, dans la foulée de l’émergence du Tea Party, et en restituer dans cet ouvrage les ressorts, replacés dans le contexte d’une longue tradition locale et d’une mutation idéologique du Parti républicain. Avec son coauteur Cristóbal Rovira Kaltwasser, politologue chilien qui a étudié et enseigné en Europe, il se penche également sur ces populismes latino-américains, tantôt néolibéraux, tantôt de droite nationaliste ou se réclamant d’une gauche radicale, qui sont une des formes de réponse à la persistance structurelle de très profondes inégalités sociales et d’oligarchies politico-économiques que les avancées des élections libres et de la démocratie représentative sur ce continent permettent aux électeurs de contester par les urnes.

Une fois achevé cet ouvrage qui introduit de la méthode et de la clarté dans le champ très encombré des études sur les droites radicales et les populismes, on lira avec profit la tribune de Cristóbal Rovira Kaltwasser publiée le 25 novembre 2016 par le quotidien espagnol El País sous le titre « ¿Como (no)lidiar con el populismo ? » (Comment (ne pas) gérer le populisme ?). Elle nous dit au moins ce qu’il faut à tout prix éviter : faire des électeurs des partis populistes, de droite comme de gauche, des citoyens ignorants et incapables. Ce serait, nous dit l’auteur, «  répondre au feu par le feu  ». Il suggère plutôt d’argumenter de manière raisonnable sur chacun des problèmes soulevés par les populistes. C’est une approche à laquelle nous ne pouvons que souscrire. Elle suppose préalablement une connaissance fine et étayée du problème. Ce livre, désormais rendu disponible pour le public francophone grâce au concours de la Fondation Jean-Jaurès, donne à chacun les moyens de l’acquérir.

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