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Delaware : l’État de Joe Biden

18/09/2020 6’
Renan-Abhinav Moog Renan-Abhinav Moog
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Malgré le contexte sanitaire très critique aux États-Unis, la campagne électorale se poursuit et le retrait des primaires démocrates de Bernie Sanders a fait de Joe Biden l’adversaire de Donald Trump en novembre prochain. À l’approche du scrutin, Renan-Abhinav Moog propose une analyse électorale historique de différents États, afin de saisir les rapports de force politiques locaux, décisifs quant à l’issue du scrutin fédéral. Après le Vermont, l’Alaskala Floride, le Texas, la Californie, le Wyoming, l’Illinois , l’Ohio et le Dakota du Nord, dixième analyse : le Delaware.

 

Deuxième État le plus petit en superficie, sixième le moins peuplé mais aussi sixième le plus densément peuplé, le Delaware occupe une partie de la péninsule de Delmarva, qu’il partage avec le Maryland et la Virginie. Il tire son nom du baron anglais De La Warr, ce qui en fait un des rares États – avec l’État de Washington et la Pennsylvanie – à avoir été nommé d’après une personnalité[1].

Du fait de sa petite taille, il n’est divisé qu’en trois comtés, tous nommés d’après des régions anglaises : New Castle, Kent et Sussex. Sa plus grande ville, Wilmington, ne compte qu’environ 70 800 habitants, tandis que sa capitale – et également deuxième ville la plus peuplée – Dover, abrite moins de 40 000 personnes. Long d’un peu plus de 150 kilomètres, il est large de seulement 14 kilomètres en son point le plus étroit et de 56 kilomètres dans le sud. Il a la particularité d’avoir une frontière en forme circulaire, au Nord, le séparant de la Pennsylvanie. Peuplé de moins de 60 000 habitants en 1790, le Delaware n’en comptait qu’un peu plus de 90 000 en 1850. Depuis, sa population a toujours fortement augmenté de recensement en recensement – jusqu’à +40 % lors du recensement de 1960. Si les Blancs représentaient 80,3 % de la population de l’État en 1990, leur proportion est tombée à 68,9 % en 2010, tandis que la population afro-américaine passait de 16,9 % à 21,4 % sur la même période.

Depuis la fermeture de ses deux principaux sites industriels automobiles – General Motors à Wilmington et Chrysler à Newark – dans les années 2000, l’économie du Delaware se base notamment sur l’industrie chimique et pharmaceutique, avec des implantations d’AstraZeneca, de Syngenta et de DuPont de Nemours. Grâce à des lois fiscales avantageuses – bien que ses dirigeants se défendent d’en avoir fait un paradis fiscal –, le Delaware attire énormément de grandes entreprises, qui y sont domiciliées.

Habité par plusieurs tribus amérindiennes, le territoire de l’actuel Delaware a été colonisé par des Néerlandais à partir de 1631. Toutefois, en un an, ces premiers colons furent tous tués au cours de combats avec les Amérindiens. Six ans plus tard, les Suédois fondent Fort Christina – à l’emplacement de l’actuelle Wilmington : c’est le début de la Nouvelle-Suède. Toutefois, en 1651, les Néerlandais – implantés plus au Nord – s’installent au niveau de l’actuelle New Castle. Quatre ans plus tard, ils annexent la Nouvelle-Suède, qui devient une partie de la Nouvelle-Néerlande. En 1664, c’est au tour des Néerlandais d’être chassés, cette fois par les Anglais, missionnés par le duc d’York. De 1669 à 1672, le Delaware – qui a pris le nom du fleuve et de la baie qui le bordent – devient un comté de la province du Maryland. En 1682, le Delaware est confié par le duc d’York à William Penn (qui a donné son nom à la Pennsylvanie) et est rattaché à la province de Pennsylvanie, sous le nom de « Lower Counties on the Delaware ». Gouverné conjointement avec la Pennsylvanie jusqu’en 1701, la colonie du Delaware s’en émancipe finalement, mais conserve un gouverneur commun avec sa « grande sœur » jusqu’en 1776. La colonie se développe, notamment grâce à la culture du tabac, rendue possible par l’arrivée de nombreux esclaves. En 1776, le Delaware déclare son indépendance, devenant l’État du Delaware. En 1787, il devient le premier État des États-Unis, en ratifiant la Constitution dès le 7 décembre ; il est depuis surnommé « the First State ». Le Delaware, pourtant esclavagiste, vote contre la sécession en janvier 1861 et reste ainsi dans l’Union.

Alors qu’il avait tendance à voter pour le vainqueur de 1892 jusque dans les années 1990[2], le Delaware a fait un virage en faveur des démocrates, qui ont remporté tous les scrutins depuis 1992.

En 1948, c’est le républicain Thomas Dewey qui l’emporte, en devançant de 2300 voix le président sortant Harry Truman. Thomas Dewey l’emporte dans les deux comtés du sud – Kent et Sussex – moins urbains, tandis que Harry Truman s’impose à New Castle, comté le plus peuplé. Thomas Dewey remporte ainsi 50 % des voix contre 48,8 % à Harry Truman, ce qui lui permet de s’assurer les trois grands électeurs de l’État. Pourtant, le même jour, les démocrates reprennent le poste de gouverneur, grâce à la victoire de Elbert Carvel, qui obtient 54 % des voix. Sur la période 1900-1948, le Delaware n’a eu qu’un gouverneur démocrate qu’entre 1936 et 1940. Les démocrates récupèrent également un des deux sièges au Sénat (l’autre leur ayant échappé en 1946, après la défaite de leur sortant, James Tunnell, face au républicain John Williams) : J. Allen Frear obtient 50,9 % des voix contre C. Douglass Buck, sortant républicain, qui remporte 48,3 %.

La partie est moins serrée en 1952 : avec 51,8 %, Dwight Eisenhower s’impose dans les trois comtés. De son côté, le démocrate Adlai Stevenson remporte 47,9 %. Le GOP (Grand Old Party, Parti républicain) reprend le poste de gouverneur, J. Caleb Boggs battant le sortant démocrate Elbert Carvel, tandis que le sénateur John William est largement réélu. Son collègue démocrate, J. Allen Frear, fait de même lors des midterms de 1954.

Quatre ans après son élection, toujours face à Adlai Stevenson, Dwight Eisenhower augmente son avance, obtenant 55,1 % des voix contre 44,6 %, tandis que le gouverneur Boggs retrouve son siège avec un score similaire à sa première élection.

En 1958, John Williams remporte un troisième mandat. Avec 53,3 %, il distance de 10 100 voix son adversaire démocrate, Elbert Carvel, ancien gouverneur.

En 1960, John F. Kennedy fait basculer les deux comtés du Nord, New Castle et Kent, ce qui lui permet de faire basculer l’État, qui n’avait pas voté démocrate depuis 1944. Le scrutin demeure toutefois serré, John Kennedy ne s’imposant qu’avec 3200 voix d’avance, remportant 50,6 % contre 49 % à Richard Nixon. L’ancien gouverneur Elbert Carvel profite que son tombeur de 1952, J. Caleb Boggs, concourt pour un siège au Sénat – battant le sortant démocrate, J. Allen Frear, avec 50,7 % contre 49,3 % – et retrouve ainsi un poste qu’il avait occupé entre 1948 et 1952.

Après la démission de J. Caleb Boggs, son lieutenant-gouverneur[3], David Buckson, devient gouverneur pendant dix-huit jours, avant de laisser sa place au nouvel élu, le 17 janvier 1961.

En 1964, Lyndon Johnson s’impose très largement. Avec 61 %, il devient le premier candidat à obtenir plus de 100 000 voix et remporte les trois comtés, ce qu’aucun démocrate n’avait fait depuis vingt-quatre ans. Le républicain Barry Goldwater n’obtient que 38,8 %. Laissant son poste pour tenter sa chance au Sénat, la succession d’Elbert Carvel se déroule sans encombre, Charles Terry étant élu face au républicain David Buckson. Enfin, John Williams rempile pour un quatrième mandat : il remporte 51,7 % face à Elbert Carvel. Son collègue J. Caleb Boggs est réélu pour un deuxième mandat deux ans plus tard, avec plus de 59 % des suffrages.

Malgré la concurrence de George Wallace – qui récolte 13,3 % – Richard Nixon l’emporte en 1968 avec 45,1 %, devançant le démocrate Hubert Humphrey, qui n’obtient que 41,6 %. George Wallace obtient jusqu’à 19,1 % à Kent et 17,5 % à Sussex. De son côté, les scores de Nixon vont de 44,5 % à Kent jusqu’à 47,2 % à Sussex. New Castle offre son meilleur score à Humphrey, qui y récolte 43,8 %. Le gouverneur Terry est quant à lui battu par le républicain Russell Peterson, obtenant 400 voix de moins qu’en 1964, alors que le républicain améliore de 7100 voix le résultat du GOP.

Ayant annoncé dès 1969 qu’il ne briguerait pas un cinquième mandat, John Williams ne se représente pas lors des midterms de 1970. C’est le républicain William Roth qui est élu pour lui succéder, avec 58,8 % des voix. Le 31 décembre 1970, John Williams démissionne du Sénat afin de permettre à son successeur d’être nommé par le gouverneur dès le 1er janvier 1971, lui donnant ainsi un léger avantage en séniorité par rapport aux autres nouveaux sénateurs élus en novembre 1970.

Le retour à une élection bipartisane en 1972 favorise Richard Nixon. Avec 59,6 % des voix, il dépasse les 58 % dans les trois comtés, obtenant jusqu’à 64,6 % à Sussex et plus de 100 000 voix rien qu’à New Castle. Le démocrate George McGovern fait pâle figure, à 39,2 %. Pourtant, dans le même temps, Russell Peterson est battu par le démocrate Sherman Tribbitt, recevant 47,9 % contre 51,3 % au nouvel élu. En juin 1971, alors que les finances de l’État devaient être légèrement bénéficiaires, le secrétaire aux Finances avait prévenu le gouverneur d’un déficit de 5,2 millions de dollars, dû à un manque à gagner dans la collecte de l’impôt sur les concessions (franchise tax) payé par les entreprises[4]. La loi de l’État interdisant au gouverneur de valider un budget déficitaire, Russell Peterson avait dû réunir la State legislature afin de lui faire voter un budget modificatif. S’adressant aux élus, il avait alors endossé la responsabilité de l’erreur, un aveu largement exploité par son adversaire lors de la campagne.

L’élection au Sénat est nettement plus serrée. Candidat à un troisième mandat, J. Caleb Boggs affronte un jeune candidat démocrate, un certain Joe Biden. Celui-ci – qui a moins de 30 ans, l’âge minimal pour siéger au Sénat, au moment de l’élection – est élu sur le fil avec 50,5 % contre 49,1 % au sortant.

En 1976, Jimmy Carter bat assez nettement le président sortant, Gerald Ford, en remportant 52 % des voix contre 46,6 %. Il s’impose dans les trois comtés, où il obtient plus de 50 % à chaque fois. Pour la première fois, les deux principaux candidats obtiennent chacun plus de 100 000 suffrages. Mais, encore une fois, les électeurs montrent leur capacité à voter pour deux partis opposés le même jour. Le gouverneur sortant démocrate Sherman Tribbitt est en effet largement battu par Pierre du Pont, qui remporte 56,9 % contre 42,5 % au sortant. Seul Kent County vote pour Tribbitt. De son côté, William Roth retrouve facilement son siège au Sénat ; il est réélu avec 55,8 % des suffrages face au maire démocrate de Wilmington, Thomas Maloney.

Joe Biden, candidat à un deuxième mandat, est largement réélu en 1978, avec cette fois 58 % des voix.

En 1980, la partie est plus serrée, mais Reagan s’impose avec 47,2 % contre 44,9 % à Carter et 6,9 % à l’indépendant John Anderson. Il remporte les trois comtés, y compris New Castle, où son avance sur le président sortant n’est que d’un point. Pierre du Pont, candidat à un second mandat, est triomphalement réélu avec 70,7 %. Alors que les républicains ont le vent en poupe, William Roth est réélu pour un troisième mandat au Sénat, en remportant 55,2 % et les trois comtés de l’État.

Candidat à sa réélection en 1984, Ronald Reagan triomphe : il obtient 59,8 % et plus de 64 % dans les deux comtés du Sud. De son côté, Walter Mondale ne remporte que 39,9 %. L’élection du gouverneur – alors que le sortant, Pierre du Pont, est inéligible après deux mandats – est à peine plus serrée : le républicain et lieutenant-gouverneur sortant Mike Castle est élu avec 55,5 %. Le triomphe de Ronald Reagan n’empêche pas Joe Biden d’être lui aussi largement réélu : il obtient 60,1 % contre John Burris, ancien Majority Leader[5] de la Chambre des représentants du Delaware.

En 1988, le Delaware est plus républicain que la moyenne nationale. George H. Bush y remporte 55,9 % contre seulement 43,5 % au démocrate Michael Dukakis. Mike Castle, quant à lui, écrase son opposant démocrate, en récoltant 70,7 %, tandis que Bill Roth a raison de Shien Biau Woo, lieutenant-gouverneur démocrate sortant, qu’il bat avec 62,1 % contre 37,9 %.

Deux ans plus tard, Joe Biden est réélu avec 62,7 %, entamant ainsi son quatrième mandat.

C’est avec un score équivalent à celui de Michael Dukakis que Bill Clinton s’impose en 1992. George Bush, président sortant, dégringole à 35,3 %, fortement concurrencé par Ross Perot, qui obtient 20,5 %. Malgré ses huit points d’avance, Bill Clinton ne remporte que New Castle, avec 46,5 %. George Bush s’impose à Kent (38,7 %) et Sussex (38,9 %). Les démocrates récupèrent également le poste de gouverneur, grâce à la large victoire de Tom Carper, élu avec 64,7 %, qui devient ainsi le premier démocrate à occuper ce poste depuis 1976.

Les démocrates ont moins de chance en 1994 : Bill Roth est réélu pour un cinquième mandat, en récoltant 55,8 % des voix face au procureur général de l’État, le démocrate Charles Oberly.

L’effondrement de Ross Perot en 1996 profite davantage au président sortant, qui obtient 51,8 %, qu’au républicain Bob Dole, qui n’en remporte que 36,6. Bill Clinton creuse l’écart à New Castle, où il dépasse les 55 %, et s’impose à Kent avec 46,7 % ainsi qu’à Sussex avec 44,6 %. Tom Carper est lui aussi réélu, avec cette fois 69,5 % des voix. Il est le premier démocrate à remporter deux mandats consécutifs. Joe Biden, de son côté, est réélu sans encombre avec 60 % des voix.

Pour la première fois depuis 1948, le Delaware vote pour le perdant en 2000. Al Gore, grâce à sa performance à New Castle (59,9 %) s’impose assez nettement, bien que battu par George Bush à Kent et Sussex. George Bush ne remporte que 41,9 % des voix contre 55 % à Al Gore et 2,5 % à Ralph Nader. Lors de l’élection du gouverneur, la lieutenant-gouverneure sortante, Ruth Ann Minner, s’impose avec un étiage similaire, remportant 59,2 % des suffrages. Enfin, Tom Carper empêche William Roth d’être élu à un sixième mandat : il le bat très nettement avec 55,5 % contre 43,7 %, devenant le premier démocrate à occuper ce siège depuis la défaite de James Tunnell en 1946.

George Bush améliore son score en 2004 mais s’incline tout de même face à John Kerry, avec seulement 45,8 % contre 53,5 %. Les démocrates reculent dans les deux comtés du Sud, passant de 47,2 % à Kent et 44,9 % à Sussex à respectivement 42,6 % et 38,7 %, mais augmentent leur avance à New Castle, en passant la barre de 60 %. Pour la première fois, un candidat obtient plus de 200 000 voix dans l’État. L’écart se resserre également pour l’élection du gouverneur, mais la sortante Ruth Ann Minner est réélue avec 50,9 % contre 45,8 % au républicain Bill Lee.

Deux ans plus tard, Tom Carper est réélu avec 67,1 % contre Jan Ting, professeur de droit à Temple University.

Barack Obama et Joe Biden – colistier d’Obama et candidat à un septième mandat de sénateur – font basculer Kent et frôlent les 70 % à New Castle en 2008, ce qui leur permet de remporter l’État avec 61,9 %, le meilleur score jamais obtenu par un démocrate dans le Delaware. Bill Lee retente sa chance mais le poste de gouverneur lui échappe à nouveau : il n’obtient que 32 % contre 67,5 % au démocrate Jack Markell. Joe Biden, de son côté, est réélu avec 64,7 % des voix face à la républicaine Christine O’Donnell, qui ne remporte que 35,3 %. Il démissionne le 15 janvier 2009 et devient vice-président des États-Unis le 20 janvier. Son mandat se terminant le 20 janvier, c’est Ruth Ann Minner qui a pour mission de désigner le successeur de Joe Biden au Sénat. C’est le démocrate Ted Kaufman, ancien chef de cabinet de Joe Biden, qui est choisi.

En novembre 2010, une élection partielle est organisée afin d’élire la personne qui terminera le mandat de Joe Biden, c’est-à-dire jusqu’en janvier 2015. Alors que Mike Castle, ancien gouverneur, était le favori, il est battu par Christine O’Donnell, déjà candidate en 2012 et soutenue par le Tea Party lors de la primaire républicaine. Côté démocrate, Ted Kaufman ne se représente pas et Chris Coons est investi par le Parti démocrate. Malgré un contexte difficile pour les démocrates, Chris Coons est élu assez largement, obtenant 56,4 % des voix contre 40 % à Christine O’Donnell, signe du virage à gauche opéré par l’État depuis les années 2000.

Malgré un léger repli en 2012, Barack Obama s’impose avec 58,6 % contre 40 % à Mitt Romney. Le libertarien Gary Johnson obtient 0,9 % et l’écologiste Jill Stein 0,5 %. De son côté, Jack Markell creuse l’écart et est réélu avec 69,3 % des voix au poste de gouverneur.

En 2014, Chris Coons est réélu au Sénat pour un mandat complet. Il obtient 55,8 % contre 42,2 % à son adversaire républicain.

Si Donald Trump fait à peine mieux que Mitt Romney en 2016 (41,7 %, soit environ 20 000 voix supplémentaires), Hillary Clinton recule plus largement, n’obtenant que 53,1 % Ce recul profite au libertarien Johnson, qui passe à 3,3 % et multiplie son score en voix par 3,8 ainsi qu’à Jill Stein, qui obtient 1,4 % soit 3,1 fois son score de 2012. Donald Trump fait basculer Kent, remporté par Barack Obama quatre an plus tôt. Le démocrate John Carney succède à Jack Markell en tant que gouverneur de l’État. Il est largement élu avec 58,3 %.

Enfin, en 2018, Tom Carper est réélu pour un cinquième mandat avec 60 % des suffrages, devançant largement son challenger républicain.

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