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Eurobaromètre spécial du Parlement européen : les grands enseignements

13/07/2016 7’
Julien Zalc
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Julien Zalc, consultant pour TNS opinion, revient sur les attentes des Européens, particulièrement en matière de lutte contre le chômage et le terrorisme, révélées par l’Eurobaromètre spécial du Parlement européen réalisé en avril 2016.

 

Quels sont les grands enseignements du dernier Eurobaromètre du Parlement européen ?

Cette enquête Eurobaromètre pour le Parlement européen a été réalisée du 9 au 18 avril 2016, soit quelques semaines après les attentats de Bruxelles (22 mars) et deux mois avant le référendum au Royaume-Uni (23 juin). Près de 28 000 personnes ont été interrogées, en face à face, dans les 28 Etats membres de l’Union européenne (UE).

On peut relever trois enseignements majeurs.

Tout d’abord, une très large majorité des Européens continue de penser que ce qui rapproche les Européens des différents Etats membres est plus important que ce qui les sépare. Cette opinion a même légèrement progressé depuis 2014 (74 %, +2 points).

Si l’on s’intéresse aux résultats pays par pays, cette opinion est majoritaire dans tous les Etats membres, et a progressé dans 22 d’entre eux depuis 2014.

Ensuite, l’enquête montre qu’une majorité d’Européens estime que l’action de l’UE dans un certain nombre de domaines n’est pas assez importante. En conséquence, une large majorité d’entre eux souhaite que l’UE intervienne davantage. Deux exemples particulièrement marquants :

en matière de lutte contre le chômage : 69 % des répondants considèrent que l’action de l’UE est insuffisante et 77 % d’entre eux attendent une intervention plus importante de l’UE

  • en matière de lutte contre le chômage : 69 % des répondants considèrent que l’action de l’UE est insuffisante et 77 % d’entre eux attendent une intervention plus importante de l’UE ;
  • en matière de lutte contre le terrorisme : 69 % jugent l’action européenne insuffisante, et 82 % en attendent une intervention plus importante. C’est le domaine pour lequel le souhait d’une intervention plus importante de l’UE est le plus important.

Enfin, plus spécifiquement sur ce dernier sujet de la lutte contre le terrorisme, cet Eurobaromètre du Parlement européen montre que 40 % d’Européens considèrent le risque d’attentats terroristes comme élevé (scores de 8 à 10 sur une échelle de 1 à 10). 47 % jugent ce risque moyennement élevé (scores de 4 à 7), et seuls 11 % jugent que ce risque est faible (scores de 1 à 3).

Evidemment, sur cette question, les différences entre pays sont très importantes, avec la perception d’un risque élevé plus important dans les pays directement impactés récemment par le terrorisme : en France (64 %), au Royaume-Uni (55 %) ou en Belgique (50 %). Ce sentiment d’un risque élevé est beaucoup plus faible en Slovénie, en Estonie et en Lettonie.

Que préconisent les Européens pour lutter contre le terrorisme ?

Parmi les mesures préconisées par le Parlement européen pour lutter contre le terrorisme, cinq mesures se distinguent, en étant citées par plus du tiers des personnes interrogées. D’abord, la lutte contre le financement des groupes terroristes et la lutte contre les racines du terrorisme et de la radicalisation sont en tête. Ensuite, trois mesures qui sont peut-être un peu plus sécuritaires : le renforcement du contrôle aux frontières extérieures ; la coopération entre les services de police des différents Etats membres et Europol ; et la lutte contre le trafic d’armes dans l’UE.

On note que de nombreux items sont cités par des proportions importantes d’Européens, indiquant les fortes attentes à ce sujet.

Interrogés plus spécifiquement sur les mesures préconisées par le Parlement européen pour lutter contre la radicalisation et le recrutement des citoyens de l’UE par les organisations terroristes, les Européens placent en tête la lutte contre l’exclusion sociale et la pauvreté. C’est d’ailleurs la réponse qui arrive en tête dans 23 Etats membres, indiquant que ce sentiment que l’exclusion sociale est l’une des causes les plus importantes de la radicalisation est partagé dans toute l’Europe.

Autres sujets cités par plus d’un quart des personnes interrogées :

  • La lutte contre la radicalisation sur Internet et les réseaux sociaux, avec la suppression de contenus illégaux ;
  • Des campagnes de communication notamment en direction des jeunes ;
  • La promotion du dialogue interculturel ;
  • La lutte contre la discrimination et l’islamophobie.

Retrouvez les résultats complets de cet Eurobaromètre sur le site des sondages d’opinion du Parlement européen

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