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Héritiers de l’avenir : Édith Cresson

07/05/2021 43’
Édith Cresson, Émeric Bréhier
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La Fondation recueille les témoignages de celles et ceux qui furent les principaux acteurs de l’histoire du Parti socialiste, les réunissant sous un titre emprunté à Pierre Mauroy, « Héritiers de l’avenir ». Cette collection constitue une source précieuse de compréhension des enjeux et des débats qui ont traversé la gauche depuis cinquante ans. Retrouvez l’entretien avec Édith Cresson, ancienne Première ministre, interrogée par Émeric Bréhier, ancien député, directeur de l’Observatoire de la vie politique de la Fondation Jean-Jaurès.

 

De jeune collaboratrice de François Mitterrand dans les années 1960 à seule et unique Première ministre de la France à ce jour, Édith Cresson incarne tout au long de son parcours politique l’engagement militant. Maire, députée européenne puis de la République, ministre à quatre reprises, cette habituée du suffrage universel a voué une grande partie de sa vie au Parti socialiste qu’elle rejoint dès sa refondation en 1971. Fidèle parmi les fidèles de François Mitterrand – elle a déjà participé à sa campagne présidentielle de 1965 –, elle bénéficie de la part de celui-ci d’une confiance durable aux plus hontes fonctions.

Native de Boulogne-Billancourt, elle revient dans cet entretien sur les débuts de son parcours militant et politique. Elle accompagne la stratégie mitterrandienne d’ancrage local du Parti socialiste, puisqu’elle fut « parachutée » à Châtellerault, dans la Vienne, dans les années 1970. Ville ouvrière qu’elle a appris à découvrir, elle s’y est longuement implantée au point de rester adjointe au maire alors même qu’elle avait mis un terme à sa carrière politique nationale. C’est dans ce même département de la Vienne qu’Édith Cresson est par deux fois élue à la députation.

On entre avec cet échange entre Édith Cresson et Émeric Brehier dans les coulisses des relations entre le Parti socialiste et le centre du pouvoir qui se trouve à l’Élysée et à Matignon. Pour elle, le Parti se trouve, en réalité, largement dominé par les deux hauts lieux de pouvoir de la politique française.

Ministre de l’Agriculture en 1981, elle se remémore les fielleux quolibets tous plus sexistes les uns que les autres de la part d’un milieu qui, à l’époque surtout, était on ne peut plus viriliste. Ce machisme n’est pas réservé au monde agricole ; être une femme détonne tout simplement dans l’espace politique. Elle nous livre à ce propos plusieurs témoignages édifiants. Elle revient longuement sur la fonction de Première ministre qu’elle occupe de mai 1991 à avril 1992. « Quand on exerce le pouvoir, c’est pour régler les problèmes », nous dit-elle. Là où on serait plus indulgent avec un homme, elle sait qu’en tant que femme, elle n’a pas eu le droit à l’erreur à Matignon. Elle s’est efforcée, dans un contexte difficile, de répondre aux attentes du pays, et d’accompagner la construction européenne, pilier du second septennat de François Mitterrand.

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