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La transition énergétique, ses principes, ses valeurs

30/09/2013 3’
Fondation Jean-Jaurès, Harris Interactive
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Qu’évoque la transition énergétique pour les Français ? La Fondation, avec ERDF et l’Institut Montaigne, a fait réaliser une enquête originale auprès du grand public et des élus. En ressortent des attentes fortes, une volonté partagée d’agir mais des divergences dans les priorités et les moyens.

L’originalité de l’enquête confiée à Harris Interactive repose sur la possibilité de comparer les réponses de deux échantillons représentatifs, des élus et des citoyens, à une même méthodologie – questionnaires individuels d’une part, discussions de groupe d’autre part. Pour les citoyens, la transition énergétique est connotée positivement mais les enjeux sont encore trop techniques et lointains ; quant aux élus, ils perçoivent la transition énergétique comme un enjeu fort et une opportunité pour les territoires dont ils ont la charge.

Retrouvez les résultats de l’enquête « Quelle perception de la transition énergétique pour les Français ? »

Retrouvez les résultats de l’enquête « Quelle perception de la transition énergétique pour les élus locaux ? »

 

En ce qui concerne les élus, l’énergie constitue une préoccupation importante pour la quasi-totalité des élus municipaux, qui soulignent particulièrement l’importance de la sécurité et de la permanence de l’approvisionnement, de la protection de l’environnement ainsi que de la péréquation, de l’égalité entre les territoires.

Neuf élus municipaux interrogés sur dix déclarent avoir entendu parler de la transition énergétique, mais seulement 37 % indiquent aujourd’hui avoir le sentiment de bien savoir ce dont il s’agit. Ils la décrivent essentiellement comme le passage d’énergies polluantes à des énergies renouvelables plus propres.

Les élus municipaux considèrent la transition énergétique comme importante à mener pour leur commune (17 % indispensable et 50 % importante) mais dans une proportion un peu moindre que leurs administrés. Ils perçoivent pourtant la transition comme une opportunité à moyen et long terme (respectivement 71 % et 80 %), en dépit des contraintes initiales (52 % la voient en effet plutôt comme une contrainte à court terme).

Seules des différences de niveau sont observées en fonction de la région, de la taille de commune ou de l’appartenance politique des élus, sans que cela remette en question le panorama général des valeurs et principes directeurs de la transition énergétique.

Les élus municipaux craignent la lourdeur des investissements et une hausse des prix de l’énergie, quand ils anticipent comme principaux bénéfices des économies d’énergie et un environnement plus sain.

S’ils estiment avoir un rôle important à jouer dans la transition énergétique, ils semblent considérer que le niveau national est incontournable et sont une majorité à penser qu’ « il faut une intervention au niveau national afin de maîtriser les flux et les ressources énergétiques à l’échelle de tout le pays ». En cohérence, 70 % des élus municipaux interrogés estiment qu’il est préférable d’organiser la distribution de l’énergie au niveau national contre 29 % au niveau local. Cette organisation leur apparait plus efficace pour l’ensemble des principes jugés importants à respecter dans le cadre de la transition énergétique.

En spontané, les Français associent principalement l’énergie à ses différentes sources, ce qui traduit une vision assez « technique » de cette problématique. On voit ainsi apparaître les énergies dites renouvelables. Les trois qualificatifs qu’ils associent le plus à l’énergie constituent plutôt des évocations positives « utilité », « confort » et « qualité de vie », devant celles plus négatives : « coût », « gaspillage », « inégalités » et « pollution ».

62 % des Français estiment que les Français pourraient facilement réduire leur consommation d’énergie et 56 % que cela serait facile pour eux-mêmes. Ils déclarent majoritairement être prêts à faire de nombreux efforts sur ce plan : baisser le chauffage chez eux, réduire leur consommation d’eau chaude, mieux isoler leur logement, partir moins loin en vacances, etc. Ils sont un peu plus partagés sur l’idée d’accepter le fait de payer plus cher des produits économes en énergie, et seuls 43 % accepteraient d’habiter dans un logement plus petit. Les motivations premières de leurs efforts résident dans le fait de se soucier des générations futures et de l’environnement mais également dans le souhait de faire des économies. On note sur ce thème des différences en termes de milieu social puisque les efforts nécessitant des investissements financiers sont plutôt envisagés par les personnes en ayant les moyens alors que les efforts relevant davantage du confort de vie semblent mieux acceptés par les milieux les moins favorisés, probablement autant contraints économiquement à ces choix que motivés par des valeurs écologiques.
87 % des Français déclarent que la gestion de l’énergie est une préoccupation importante là où ils habitent selon eux, 52 % estimant d’ailleurs que leur région ne produit pas assez d’énergie pour faire face seule à ses besoins, ce constat étant particulièrement établi en Ile-de-France.

58 % des Français déclarent, en juillet 2013, avoir entendu parler de la transition énergétique, mais seuls 21 % ont le sentiment de bien savoir ce dont il s’agit. Les principaux bénéfices anticipés de cette transition sont la possibilité d’avoir un environnement plus sain (59 %) et de faire des économies d’énergie (48 %) alors que les risques perçus reposent principalement sur l’impact en termes de coût, 59 % des Français arguant que la transition énergétique risque de rendre l’énergie plus chère ou de nécessiter des investissements que la France ne peut pas financer.
Dans le cadre de la transition énergétique, la sécurité des installations, la protection de l’environnement, l’efficacité énergétique et la maîtrise des coûts sont des principes jugés très importants par plus de la moitié de la population, devant de nombreuses autres valeurs jugées importantes également (entre autres l’indépendance, la défense de l’emploi, la péréquation, la solidarité ou encore la compétitivité) mais un peu moins.

En termes d’échelle, les Français estiment qu’il est indispensable de mener la transition énergétique pour le monde, l’Europe et la France encore plus que pour leur territoire ou pour eux-mêmes. Ils anticipent d’ailleurs qu’elle sera davantage une opportunité sur le long terme à l’échelle internationale qu’à l’échelle individuelle même si sur le court terme, elle devrait plus bénéficier aux niveaux locaux. De manière générale, les premiers temps de la transition énergétique peuvent apparaître contraignants à une majorité de Français, mais dès le moyen terme, les avantages semblent l’emporter sur les inconvénients.

Pour ce qui est de la mise en place de cette transition, les Français déclarent penser qu’elle serait plus efficace au niveau international (57 %) ou éventuellement individuel (38 %) et national (33 %) mais un peu moins au niveau des collectivités locales (25 %) alors que les élus municipaux privilégient le niveau local. Les Français sont d’ailleurs largement favorables à une intervention nationale pour maîtriser les flux et ressources énergétiques (68 %) dans le cadre de la transition et à une distribution nationale de l’énergie (70 %). Ils sont en revanche plus partagés sur la question de mener la transition énergétique avec des objectifs nationaux ou européens, seule une courte majorité privilégiant les objectifs européens (56 %).

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