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Le Front de demain
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Le Front de demain

07/09/2016 2’
Jérôme Fourquet Jérôme Fourquet
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Ils ont entre 14 et 32 ans et adhèrent au Front national. Quel est leur profil socio-politique ? Quel type de militants politiques sont-ils ? Une étude sociologique de la Fondation Jean-Jaurès, menée par l’Ifop, apporte des connaissances décisives sur cette jeune garde frontiste. 

L’environnement familial : un processus de reproduction idéologique 

70 %  des parents des jeunes adhérents du Front national s’intéressent à la politique, ce qui, malgré l’appétence des Français pour la chose publique, reste un chiffre haut. Mais au-delà de la transmission de l’intérêt pour la politique, c’est la transmission des opinions politiques qui apparaît comme le phénomène le plus notable : 78 % des jeunes adhérents du FN indiquent que leur mère est proche des idées du FN, 77 % pour leur père. En outre, 59 % indiquent que leur mère a voté pour Marine Le Pen au premier tour de l’élection présidentielle de 2012, 57 % s’agissant de leur père.

Bien que les origines sociales de leurs parents soient assez diversifiées, on constate néanmoins une forte représentation de parents ouvriers (20 % pour la profession du père) ou retraités (20 % du père, 13 % la mère) ainsi que de femmes qui exercent la profession de femme au foyer (19 % des mères des jeunes adhérents FN). A contrario, on constate une faible représentation de parents cadres de la fonction publique ou chefs d’entreprise.

Enfin, 90 % des jeunes adhérents n’ont aucun parent né dans un pays européen autre que la France, et 94 % n’ont aucun parent né dans un pays non-européen.

Le profil socio-politique des jeunes adhérents frontistes 

On observe chez les jeunes adhérents du Front national une sur-représentation masculine (63 % d’hommes, 37 % de femmes), 3 sur 10 étant issus des milieux populaires, et 3 sur 10 étant encore au lycée.

La fidélité obsservée dans de nombreses enquêtes chez les électeurs de Marine Le Pen d’une élection à une autre depuis 2012 s’observe assez logiquement chez les jeunes adhérents, 69 % indiquant avoir voté pour Marine Le Pen au premier tour dela présidentielle de 2012, tandis que 78 % des jeunes adhérents qui avaient voté en 2007 avaient voté pour Jean-Marie Le Pen.

Adoptant une position plutôt en retrait durant les débats autour du mariage pour tous, Marine Le Pen sait pourtant qu’elle mise gros auprès des personnes qui se déclarent catholiques, 69 % des jeunes adhérents indiquant être catholiques (dont 74 % pour les jeunes adhérents de PACA, fief de Marion Maréchal Le Pen).

L’un des éléments les plus marquants de cette enquête, c’est le rapport des jeunes adhérents du Front national aux médias et à internet : 66 % d’entre eux disent faire confiance à internet pour s’informer – 77 % chez ceux qui exercent des responsabilités importantes au Front national –, contre 33 % pour la presse écrite régionale, 24 % la télévision, 21 % la radio, et seulement 19 % la presse écrite nationale. 

Le rapport des militants au Parti

Les jeunes adhérents du Front national semblent d’abord avoir un engagement exlusif envers leur parti : 93 % indiquent qu’ils n’adhèrent à aucun syndicat étudiant, 95 % à aucun syndicat de salariés, et 66 % à aucune association. L’adhésion au Parti n’est donc pas vu comme un prolongement à un engagement ultérieur ou un complément à un engagement existant, mais comme une sorte d’apogée, qui se traduit d’ailleurs très vite vers un engagement encore plus concret et la prise de responsabilités : 40 % des jeunes adhérents indiquent avoir des responsabilités locales au sein du Front national et du Front national de la jeunesse, même si seulement un jeune adhérent sur dix exerce un mandat électif et moins d’un sur dix des responsabilités nationales au sein du FN.

 

Retrouvez une analyse dans Libération (7 septembre 2016)

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