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Le Parti socialiste de François Mitterrand, un parti internationaliste

04/12/2018 377’
Judith Bonnin, Frédéric Heurtebize, Frank Georgi, Claude Roccati, Maxime Launay, Thomas Maineult, Matthieu Trouvé, Elodie Giraudier, Kaixuan Liu, Gérard Grunberg, Mathieu Fulla, Michele Di Donato
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Cette journée d’études a fait le point sur les travaux existant sur le Parti socialiste et le monde durant les années 1970, qui sont une période charnière tant pour le socialisme français que pour la mondialisation économique et politique. En croisant les thématiques et échelles géographiques, ce fut l’occasion d’étudier la singularité de cet internationalisme et de mettre en valeur les nombreuses études qui ont récemment exploité les archives internationales du Parti socialiste conservées par la Fondation.

Introduction : Judith Bonnin, maîtresse de conférences, université Bordeaux Montaigne

Première table ronde : Le Parti socialiste, l’Ouest, l’Est et la Guerre froide
Présidence : Judith Bonnin, université Bordeaux Montaigne

  • Frédéric Heurtebize, université Paris Nanterre : Le PS et les États-Unis
  • Frank Georgi, université Paris 1 Panthéon Sorbonne : Le PS et le « modèle yougoslave »
  • Claude Roccati, université de Limoges : La gauche non-communiste et la Pologne : étude comparée du PS et de la CFDT
  • Maxime Launay, Sorbonne Université : Le glaive et la rose : la politique de défense socialiste des années 1970 est-elle en cohérence avec sa politique étrangère ? > découvrez sa note

La discussion qui a suivi ces prises de parole a notamment fait intervenir :

 

 

Deuxième table ronde : Le Parti socialiste et son ouverture aux « Suds »
Présidence : Judith Bonnin, université Bordeaux Montaigne

Témoignage d’Alain Chenal, ancien responsable Méditerranée et monde arabe et musulman du Parti socialiste

  • Thomas Maineult, Sciences Po Paris : Le PS et le Proche-Orient
  • Matthieu Trouvé, Sciences Po Bordeaux : Le PS et l’Amérique latine
  • Élodie Giraudier, Université de Bourgogne : Le PS français dans la recomposition du PS chilien à partir de 1973 > découvrez sa note
  • Kaixuan Liu, Sciences Po Paris : Le PS et la Chine (1949-1983) > découvrez sa note

Discussion, avec notamment les interventions de Jean Mendelson et d’Alain Chenal

 

 

Troisième table ronde : Le Parti socialiste, la social-démocratie et l’Europe
Présidence : Gérard Grunberg, directeur de recherche émérite au CNRS

  • Mathieu Fulla, Sciences Po Paris : PS et Labour Party britannique dans les années 1970 : une mésentente cordiale ?
  • Michele Di Donato, Sciences Po Paris : le PS et l’Europe du Sud

Discussion, avec notamment l’intervention d’Alain Boublil

 

Témoignages :

  • Jean Mendelson, ancien ambassadeur, ancien directeur des Archives diplomatiques, 
  • Alain Barrau, ancien député, ancien responsable des relations entre le Parlement européen et les Parlements nationaux,
  • Gérard Fuchs, ancien député, ancien député européen, secrétaire international du Parti socialiste de 1988 à 1995.

 

 

Cette décennie est en effet marquée par la fin du système économique construit après-guerre sur les accords de Bretton Woods, par la fin des Trente Glorieuses et l’entrée en une nouvelle crise du capitalisme. Elle est alors aussi celle d’une remise en cause d’un certain modèle social-démocrate et d’un bouleversement des rapports de force au sein du socialisme européen et mondial. En Europe, tandis que les puissants partis sociaux-démocrates de l’Europe dite du « Nord » entrent progressivement dans l’opposition, à l’inverse en « Europe du Sud » de nouveaux partis socialistes émergent et accèdent aux responsabilités au début des années 1980. Plus globalement, ces années sont marquées par un profond changement d’échelle de la politique avec la montée des échelons supranationaux et mondiaux du fait de l’effritement de la logique de blocs de la Guerre froide, du poids croissant de la Communauté européenne, de la fin de la décolonisation, de l’émergence de nouveaux acteurs transnationaux comme les ONG ou de questions transnationales comme l’écologie. Or en 1976, le président de l’Internationale socialiste, Willy Brandt, annonce sa volonté de renouveler cette institution née en 1951 à Francfort, en l’ouvrant de manière accrue aux gauches socialistes extra-européennes.

Durant cette décennie, le PS français, refondé en 1971 au congrès d’Épinay, opte pour la poursuite de son affiliation à l’Internationale socialiste et pour la construction d’un « nouvel internationalisme ». Cette formule, plus slogan que doctrine, est l’horizon international du PS. Il se traduit notamment par la volonté du PS de légitimer à l’international et dans une moindre mesure, d’exporter, son modèle d’« union de la gauche ». L’internationalisme du Parti socialiste de François Mitterrand se construit ainsi à l’interface de la politique française et des relations internationales. La présidentialisation de François Mitterrand comme du PS par le prisme des relations internationales, en est un autre exemple.

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