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Le regard des Français sur l’autisme
Le regard des Français sur l’autisme Fondation Jean-Jaurès, SOS Autisme, Ifop Télécharger
Société
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Le regard des Français sur l’autisme

21/03/2016 2’
Fondation Jean-Jaurès, SOS Autisme, Ifop
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L’autisme, qui touche 30 000 enfants, est pourtant absent du débat politico-médiatique. Pour la journée de l’autisme le 2 avril, la Fondation et SOS Autisme, ont interrogé, avec l’Ifop, les connaissances et les représentations de l’autisme et plus généralement du handicap dans la société française.

Tout d’abord, il semble y avoir une réelle nécessité d’éducation et de formation des citoyens sur la question de l’autisme. Les Français semblent en effet en demande d’informations et de connaissances sur le sujet. Trois personnes sur quatre (73 %) disent manquer ainsi de connaissances sur l’autisme et souhaiteraient être mieux formées sur les enjeux liés à cette maladie.
Quand ils sont amenés à préciser comment ils perçoivent les autistes, les Français avancent des réponses assez diverses, signe supplémentaire de ce déficit d’information. 49 % considèrent les autistes comme des personnes différentes, 26 % comme des exclus de la vie de la cité, 25 % comme des malades et la même proportion comme une richesse pour la société, seule une infime minorité, 3 %, porte un jugement très négatif et répond « un problème pour la société ».
Les moins de 35 ans sont plus nombreux à considérer que les personnes autistes sont une richesse pour la société : 35 %, soit un écart de 14 points par rapport aux personnes de plus de 35 ans et cette proportion monte même jusqu’à 39 % pour les plus jeunes (18-24 ans) contre seulement 17 % pour les 65 ans et plus. De la même façon, les jeunes ont moins tendance à considérer les personnes autistes comme des personnes différentes : ils ne sont que 41 % à le penser contre 52 % des seniors. On voit dès lors, que le regard sur les autistes est en train progressivement d’évoluer dans les jeunes générations qui sont également 30 % à les considérer comme des exclus de la vie de la cité contre seulement 17 % des 65 ans et plus.
Pour autant même si des différences de perceptions existent donc entre les générations, un large consensus se fait jour pour penser que les autistes sont victimes de discriminations dans notre société. 79 % partagent ce constat. De la même façon, 72 % sont choqués (dont 28 % « beaucoup choqués ») par l’utilisation du terme « autiste » dans le langage courant et par des personnalités publiques pour désigner quelque chose de négatif ou d’insultant
La prise en charge des personnes autistes est souvent très compliquée par manque de structures adaptées dans notre pays. La prise en charge des personnes autistes et en particulier des enfants pose de réelles difficultés notamment du point de vue de la scolarisation. Dans ce contexte, 36 % des personnes interrogées pensent que le milieu associatif est le meilleur endroit pour prendre en charge les autistes. Pour 21 % des interviewés, ce sont aux parents de prendre en charge le handicap de leur enfant. Seulement 17 % des Français considèrent que l’école est l’institution la plus à même de prendre en charge les personnes atteintes d’autisme. Les hôpitaux et institutions psychiatriques ne sont considérés comme adaptés à la prise en charge des personnes autistes que par 15 % des personnes interrogées. Enfin, la réponse « par un autre pays plus en avance » qui fait référence à la Belgique, où de nombreuses personnes autistes françaises sont accueillies dans des foyers faute de place en France, n’enregistre que 11 % de citations.
Le manque de place à l’école ou dans des institutions adaptées entraîne comme conséquence que 80 % des femmes ont la charge quotidienne et à temps plein de leur enfant autiste. Deux Français sur trois (64 %) pensent que cela devrait être mieux partagé entre le père et la mère alors que seulement 6 % des personnes interrogées trouvent « cela normal car c’est le rôle d’une mère ». Enfin, un tiers des Français (30 %) considère que ce ne sont pas aux parents de prendre en charge quotidiennement la maladie de leur enfant. Fait intéressant, on ne relève pas de différences entre hommes et femmes sur ce point. 66 % des hommes et 62 % des femmes pensent ainsi que cela devrait être mieux partagé entre le père et la mère et 7 % des hommes et 5 % des femmes trouvent que cette situation « est normale car c’est le rôle d’une mère ».
Concernant les adultes autistes, leur insertion dans la vie professionnelle est également très compliquée, probablement par manque de connaissances et d’informations sur cette maladie et ses conséquences. Signe positif toutefois, 81 % des Français seraient prêts à accueillir et à travailler avec des personnes autistes dans leur entreprise ou dans leur service dont un quart (25 %) qui se déclare tout à fait prêt à le faire. Si la propension à travailler avec des personnes autistes est aussi bien le fait des salariés du public (82 %) que du privé (82 % également), on constate que les indépendants et les employeurs y sont un peu moins disposés : 69 % se disent prêts mais seulement 9 % le seraient tout à fait.


Retrouvez l’enquête dans Métro (20 mars 2016).



 

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