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Les îles et l'archipel : pourquoi la gauche (re)vivra
Les îles et l’archipel : pourquoi la gauche (re)vivra Christian Paul Acheter à 3,00€
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Les îles et l’archipel : pourquoi la gauche (re)vivra

07/11/2016 3’
Christian Paul Christian Paul
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En 2017, le pays décide de son avenir. Là se joue aussi le futur de la gauche française. Pour Christian Paul, rien n’est joué si elle a le courage de se réinventer. Ce n’est qu’en renouant avec leurs valeurs de manière ambitieuse que les « îles » de la gauche pourront faire « archipel ». Un archipel où les Français auront à nouveau le goût de se retrouver.

SOMMAIRE

Introduction

Le monde a changé ! Et après ?
Une réaction nationale tardive face au déclin industriel
La promesse inachevée du monde numérique
Adaptation ou transformation 

La tentation du « grand déplacement » : de l’égalité vers l’identité 
La droite donne le ton ; à gauche, on entonne le refrain 
Comprendre n’est jamais excuser 
La panne de l’égalité 

L’impasse des projets défensifs 
Europe, le temps des impuissances
Loi Travail, la gauche à contre-emploi
Fausses réformes structurelles : la faiblesse des ambitions 

Le préalable démocratique 
La défaillance démocratique française 
Une nouvelle démocratie pour transformer la France 
Chantiers ouverts au public

Les conquêtes de l’alternance qui vient 
Le grand dessein des révolutions productives 
L’avenir du travail
Le plan République
La reconquête des souverainetés, européenne et française 

La prochaine gauche
Les fausses solutions condamnent la gauche à l’errance 
La « grande gauche », une nouvelle coalition
Un nouveau parti et un parti d’un nouveau type

Conclusion

 

Dans les médias :
« Il faut tourner la page du PS », Le Parisien (8 novembre 2016)
Christian Paul propose de « sortir du PS »... « sans partir », Libération (8 novembre 2016)
Le député frondeur Christian Paul persiste à vouloir « tourner la page du PS », Le Lab Europe1 (8 novembre 2016)
Le député frondeur Christian Paul pense déjà à la fin du Parti socialiste, LCI (8 novembre 2016)

 

Synthèse

Alors que l’actuel quinquennat de François Hollande doit s’achever dans six mois, Christian Paul dresse un bilan des cinq années de la gauche au pouvoir et explore les possibilités pour lui permettre de l’emporter à l’avenir. Pour Christian Paul, le quinquennat a échoué : l’alternance a été « fictive » et « les Français ne se sentent ni mieux protégés […], ni plus égaux qu’en 2012 ». De plus, la gauche risque de se diviser avec les scrutins de 2017, de manière durable. Celle-ci n’a pas réussi, à partir de 2012 à faire ce pour quoi elle a été élue, et cet échec contribue à rendre sa situation difficile.

Face à ce risque, Christian Paul propose une analyse des tendances lourdes à l’œuvre en France depuis plusieurs années. Cette analyse est aujourd’hui indispensable pour permettre à la gauche de se moderniser. Cette analyse et cet inventaire du quinquennat sont aussi nécessaires pour pouvoir proposer la refondation politique, économique et sociale de la France.

Les valeurs et les objectifs des progressistes paraissent toujours parfaitement cohérents avec la France d’aujourd’hui : autonomie, égalité, tolérance… Pourtant, la gauche n’a pas saisi les occasions de faire progresser le pays au moment où son modèle social était remis en cause. Depuis, la France a subi de multiples transformations sans que les réponses des dirigeants ne soient adaptées. Dans la mondialisation, elle accuse du retard, alors que les perspectives sont ouvertes, à condition de pouvoir anticiper. De fait, la France subit la mondialisation, ce qui peut s’observer par exemple avec la désindustrialisation progressive que connaît le pays. Le numérique apparaît comme le nouveau défi qui se présente à la France, et celle-ci n’a pas encore réussi à en gérer tous les aspects. Christian Paul appelle donc à cesser le « compromis d’adaptation » qui, in fine, amène le peuple à s’incliner et laisse les inégalités grandir au sein de la société.

Les inégalités, et l’incapacité des dirigeants à les réduire, sont les raisons fondamentales du glissement du débat public sur les thèmes identitaires. Entamé avec Nicolas Sarkozy, ce processus utilise les peurs et manipule les esprits pour détourner les regards des faillites des dirigeants politiques. Ainsi, alors que l’on se focalise sur les tenues vestimentaires d’une petite minorité, la grande pauvreté et les souffrances des réfugiés sont largement passées sous silence. Les inégalités, les humiliations et les discriminations subies sont aussi parmi les causes qui peuvent expliquer le développement de l’islamisme radical en France. Pourtant, les valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité sont justement ce qui permet à la société de ne pas s’inquiéter des différences en son sein. C’est en gardant ces valeurs cardinales à l’esprit, en les défendant ardemment et en les réalisant concrètement que la gauche peut sortir du piège de l’identité qui masque la question de l’égalité.

Plus que des petits pas, une transformation réelle est nécessaire pour permettre à la France et à l’Europe de sortir renforcées des défis auxquelles elles font face. De réelles réformes structurelles sont nécessaires.

Les institutions de la Ve République sont en crise. Le président de la République est isolé, le Parlement est impuissant. La gauche est déboussolée et le Parti socialiste n’est plus qu’un outil de gestion de la gouvernance, sans idées. Un risque oligarchique réel existe en France, signe du dévoiement d’une démocratie : les décisions et les transformations de pays se font désormais sans l’aval du peuple, pourtant souverain.

Christian Paul appelle donc à la fondation d’une nouvelle République, au moyen d’un référendum constitutionnel. Un rééquilibrage des pouvoirs s’impose : le Parlement doit être renforcé. D’autres mesures sont aussi nécessaires : élection de la Chambre basse à la proportionnelle, suppression de l’actuel article 49.3, inscription de l’indépendance de la justice dans la Constitution, création d’une « Assemblée du futur »… L’association des citoyens à l’ensemble du processus décisionnel, au niveau local comme au niveau national, doit aussi être grandement développée, et la révolution numérique peut jouer un rôle important.

Un changement de politique économique est également nécessaire. La priorité doit être de réduire les inégalités et d’inventer un nouveau modèle. Le numérique, avec tout le potentiel et les dangers qu’il recèle, doit être au cœur de cette réflexion. Les « communs », les biens aux droits d’usages partagés, doivent également être stimulés : ils peuvent transformer le système commercial en rendant les biens accessibles à tous, avec l’impression 3D par exemple. Le développement d’une économie écologique est aussi fondamental pour l’avenir du pays. Face à la précarité et au chômage de masse, l’augmentation des salaires, dont la stagnation a entraîné la hausse des inégalités, et la baisse du temps de travail doivent être mises en place pour permettre un redressement du pays. Protéger le travail et les travailleurs doit redevenir essentiel.

La faiblesse de la gauche actuellement peut s’expliquer par ses renoncements, l’abandon de ses valeurs et ses faiblesses au pouvoir. Elle n’a pas su s’adapter. Pourtant, la gauche n’est pas finie et les défaites ne sont pas inéluctables. La gauche doit se reprendre et se tenir à ses convictions, pour créer un nouveau projet sincère et novateur. Enfin, pour réussir, la gauche, dans toutes ses composantes, doit réussir à se réunir, car ce n’est qu’en archipel que la gauche est victorieuse, jamais lorsque les îles se dressent les unes contre les autres.

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