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Les villes moyennes sont de retour
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Économie/Social
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Les villes moyennes sont de retour

17/02/2020 2’
Achille Warnant Achille Warnant
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Préface de David Djaïz
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Quoi de commun entre Béziers, Alençon et Agen ? Nevers, Douai et Gap ? Ce sont toutes des villes moyennes qui semblent, à des degrés différents, en crise : désindustrialisation, paupérisation, dévitalisation commerciale des centres, étalement urbain, désengagement de l’État… Loin des représentations fantasmées sur la « métropolisation » ou la « France périphérique », Achille Warnant revendique, dans cet essai, de porter sur les villes moyennes et leur diversité un regard lucide – et nuancé – et propose un certain nombre de pistes d’action publique plus adaptées aux territoires.

Table des matières

Préface
Introduction

De quoi les villes moyennes sont-elles le nom ?
Villes moyennes recherchent définition désespérément
Les deux âges d’or des villes moyennes de 1789 à nos jours

Radiographie d’une France en crise
Quand l’égalité des territoires a cessé d’être un idéal
La métropolisation contre les villes moyennes ?
Symptômes et causes de « la crise des villes moyennes »

Comment redynamiser les villes moyennes ?
Le plan Action cœur de ville, un tournant en demi-teintes pour les villes moyennes
Contre la compétition locale entre les territoires, la piste de l’intercommunalité
Imaginer un nouveau récit des territoires

Conclusion

 

Préface
David Djaïz

En septembre 2017, la Fondation Jean-Jaurès a décidé d’engager un cycle de conférences, d’auditions et de réflexions autour de la revitalisation des villes moyennes en raison de la mise à l’agenda politique, médiatique et académique du sujet. Celui-ci reposait sur trois aspects :

  • tout d’abord, un souci, celui de continuer à concilier l’aspiration unitaire constitutive de notre République et de notre pays avec son irréductible diversité territoriale et humaine ;
  • ensuite, une conviction : celle que les villes moyennes constituent un ressort profond du pays, de son identité, et qu’il est plus pertinent de poser le problème de la crise des territoires en s’intéressant à ses villes qu’en parlant sans discernement d’une « France périphérique » dont on a du mal à voir à quelle réalité géographique elle correspond ;
  • enfin, une ambition : celle, à travers le laboratoire des villes moyennes, de renouveler les instruments de l’aménagement du territoire, avec une conception de l’État stratège qui ne soit ni celle de l’État aménageur centralisé des Trente Glorieuses, ni celle de l’État abstentionniste de la théorie fantasmée du « ruissellement territorial ».

S’intéresser aux villes moyennes équivalait à mettre d’emblée un pied dans la diversité française. Quoi de commun entre Béziers, Alençon et Agen ? Nevers, Douai et Gap ? Ces villes appartiennent toutes à la strate des villes moyennes (entre 20 000 et 50 000 habitants) qui regroupent un quart de la population des aires urbaines françaises et un cinquième de l’emploi total métropolitain, mais chacune s’enracine dans un environnement spécifique ainsi que dans une histoire singulière.

Pourtant, les villes moyennes ont été le pilier de la construction de la nation unitaire. D’abord lieux de concentration de toutes les fonctions productives sous l’Ancien Régime, des commerçants, des artisans, des professions libérales, elles ont été, sous la Révolution, le fer de lance du quadrillage administratif du pays puisqu’elles s’identifient peu ou prou à ce que l’on a appelé « la France des préfectures ».

Il apparaît que les villes moyennes sont le point d’équilibre entre les forces centralisatrices et les forces centrifuges à l’œuvre dans notre République. Dans un contexte de désaffiliation sociale grandissante, le souci des villes moyennes paraît primordial pour préserver les équilibres du pays.

L’essai d’Achille Warnant constitue le fruit de ces réflexions engagées à la Fondation. Il réussit à articuler les résultats de travaux universitaires – à la croisée de la géographie urbaine, de l’histoire, de l’économie, de la démographie et de la sociologie – avec une expérience des politiques publiques, conduites par les collectivités territoriales aussi bien que par l’État dans ces territoires. Il offre une vision lucide et réaliste, loin des représentations fantasmées sur la « métropolisation » ou la « France périphérique » qui forment en réalité les deux faces d’une même médaille, celle de l’ignorance de la diversité des territoires.

Achille Warnant, dans le sillage des intervenants ayant participé aux rencontres organisées par la Fondation Jean-Jaurès, revendique ainsi de porter sur ces villes un regard nuancé. Elles ne forment pas un bloc monolithique, mais s’intègrent dans des « systèmes territoriaux » hétérogènes. Cela justifie une action publique différenciée qui s’apparente à un travail de dentelle. Certains symptômes et défis transversaux, quoique d’intensité variable, apparaissent néanmoins très clairement au fil de sa réflexion : la dévitalisation commerciale des centres, l’étalement urbain, l’urgence de la transition écologique…

Pour toutes ces raisons, il était devenu nécessaire et urgent de remettre les villes moyennes « sous les feux des projecteurs ». Espérons que ce petit essai y contribuera.

 

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