Vous êtes ici

Histoire
S'abonner

Prix de la Fondation Jean-Jaurès : 20e édition

27/09/2019 3’
Alain Bergounioux Alain Bergounioux
Suivre
Favoris
Partager
A a Zoom

La Fondation Jean-Jaurès contribue à promouvoir l’histoire du mouvement socialiste en décernant chaque année depuis 2000 un Prix au meilleur mémoire de recherche en histoire ou de science politique. Alain Bergounioux, président du jury, en rappelle les attendus. La liste des lauréats permet de souligner la diversité des sujets primés et publiés.

2019 marque la 20e édition du prix d’histoire créé par la Fondation Jean-Jaurès. Il aurait été étonnant que celle-ci n’ait pas marqué l’importance qu’elle donne à l’histoire du socialisme dans le sens le plus large du terme. Pierre Mauroy, qui a passionnément voulu cette fondation, pensait qu’il n’y avait pas d’avenir possible pour un mouvement politique sans une conscience claire de ce qu’il est et de ce qu’il porte. Ce n’est pas pour autant que l’histoire soit le « code » pour l’action. L’événement est sa plus grande loi et elle dévoile le plus souvent des issues qui étaient, hier, inimaginables et des synthèses imprévues.

Mais cela ne veut pas dire que l’histoire n’offre pas de nombreux sujets de réflexions pour conduire une action dans le présent. Les historiens de l’Antiquité y voyaient une matière d’« exemples », dont chacun pouvait apprécier la portée et l’aide qu’ils pouvaient suggérer pour la politique. Les philosophies de l’histoire du XIXe siècle ont certes eu des ambitions plus grandes. Mais elles se sont révélées comme des sources d’illusions. Aujourd’hui, nous sommes revenus à des objectifs plus modestes pour comprendre ce qui est à l’œuvre dans le cours de l’histoire, à la fois les processus qui se déroulent dans la longue durée et la manière de faire face aux événements.

C’est l’esprit qui préside au travail que mène la Fondation Jean-Jaurès pour son département d’histoire. Elle a constitué, d’abord, ce qui est sans doute le premier centre d’archives sur l’histoire du socialisme en France, à partir de la réunion de ses fonds propres et de ceux du patrimoine de l’Office universitaire de recherche socialiste (Ours), fonds qui continuent de s’enrichir au fil des ans. Elle entend ensuite contribuer à faire avancer la connaissance, en accueillant les travaux des historiens et des politologues. Elle mène, enfin, de nombreux débats et rencontres sur des questions historiographiques d’actualité. Ces préoccupations se retrouvent dans la nature des prix décernés depuis vingt ans, par un jury d’universitaires et de chercheurs, renouvelé périodiquement. Les travaux présentés par de jeunes étudiants, de niveau master, concernent aussi bien des biographies, des événements, la vie partisane que des confrontations idéologiques et des politiques publiques. Il est important qu’un courant de recherche sur le socialisme dans ses différentes manifestations se maintienne dans l’université et continue de motiver de jeunes étudiants et doctorants.

Et cela d’autant plus que le socialisme politique traverse aujourd’hui une épreuve majeure. Il en a certes connu de fort graves, et d’un caractère dramatique, en 1920, 1940 ou 1958. Mais la crise actuelle touche ses fondements idéologiques et sociologiques. Un risque existe que s’établisse une rupture avec ce qui constitue notre héritage et que les problèmes du présent n’occultent les filiations à maintenir et à travailler. Les années qui sont les nôtres, et dont on ne peut pas évidemment connaître l’issue, doit, au contraire, nous inciter à questionner notre passé à partir de nos préoccupations actuelles. C’est Benedetto Croce, le philosophe italien, qui disait que « toute histoire est contemporaine ». Être fidèle à l’action entreprise en 1992, avec la création la Fondation Jean-Jaurès, demande aujourd’hui de relier entre elles toutes les dimensions qui font vivre une culture politique.

 

Prix de la Fondation Jean-Jaurès 2000
Sandra Mériaudeau, Histoire d’une fédération du Parti socialiste SFIO : la fédération socialiste de l’Ain 1944-1969, préface d’Alain Bergounioux, Note de la Fondation Jean-Jaurès n°21, avril 2001.

Prix de la Fondation Jean-Jaurès en 2001
François Kraus, Les Assises du socialisme ou l’échec d’une tentative de rénovation d’un parti, préface d’Alain Bergounioux, Note de la Fondation Jean-Jaurès n°31, juillet 2002. 

Prix de la Fondation Jean-Jaurès en 2002
Rémi Darfeuil, La mémoire du mitterrandisme au sein du Parti socialiste, préface d’Alain Bergounioux, Note de la Fondation Jean-Jaurès n°34, avril-mai 2003. 

Prix de la Fondation Jean-Jaurès en 2003
Romain Ducoulombier, Le premier communisme français (1917-1925) : un homme nouveau pour régénérer le socialisme, préface d’Alain Bergounioux, Note de la Fondation Jean-Jaurès n°42, août 2004. 

Prix de la Fondation Jean-Jaurès 2004
Thomas Jouteux, Le Parti socialiste dans la campagne de François Mitterrand en 1981, préface d’Alain Bergounioux, Note de la Fondation Jean-Jaurès n°34, avril-mai 2005. 

Prix de la Fondation Jean-Jaurès 2005 (ex aequo)
Bruno Demonsais, Gavroche, hebdomadaire culturel socialiste, présentation d’Alain Bergounioux, préface de Pascal Ory, L’Harmattan, coll. « Des poings et des roses », 2006.
Christelle Flandre, Socialisme ou social-démocratie : regards croisés français allemands 1971-1981, présentation d’Alain Bergounioux, préface de Vincent Peillon, L’Harmattan, coll. « Des poings et des roses », 2007. 

Prix de la Fondation Jean-Jaurès 2006
Emmanuel Jousse, Réviser le marxisme ? D’Édouard Bernstein à Albert Thomas 1896-1914, préface de Marc Lazar, L’Harmattan, coll. « Des poings et des roses », 2008.

Prix de la Fondation Jean-Jaurès 2007
Claire Marynower, Joseph Begarra. Un socialiste oranais dans la guerre d’Algérie, préface de Raphaëlle Branche, L’Harmattan, coll. « Des poings et des roses », 2008. 

Prix de la Fondation Jean-Jaurès 2008
Matthieu Tracol, Changer le travail pour changer la vie ? Genèse des lois Auroux, 1981-1982, préface d’Olivier Wieviorka, L’Harmattan, coll. « Des poings et des roses », 2009. 

Prix de la Fondation Jean-Jaurès 2009
Mathieu Monot, Socialistes et démocrates-chrétiens et la politisation de l’Europe, préface d’Éric Bussière, L’Harmattan, coll. « Des poings et des roses », 2010. 

Prix de la Fondation Jean-Jaurès 2011
Pierre-Emmanuel Guigo, Le chantre de l’opinion. La communication de Michel Rocard de 1974 à 1981, avant-propos d’Alain Bergounioux et de Serge Berstein, INA Éditions, 2013.

Prix de la Fondation Jean-Jaurès 2012
Judith Bonnin, Les voyages de François Mitterrand. Le PS et le monde (1971-1981), préface de Sophie Cœuré, Presses universitaires de Rennes, 2014.

Prix de la Fondation Jean-Jaurès 2013
Adeline Blaszkiewicz-Maison, Albert Thomas : le socialisme en guerre 1914-1918, préface de Gilles Vergnon, Presses universitaires de Rennes, 2016.

Prix de la Fondation Jean-Jaurès 2014
Pierre-Henri Lagedamon, Travail, temps libre et socialisme, préface de Dominique Barjot, Presses universitaires de Rennes, coll. « Pour une histoire du travail », 2016. 

Prix de la Fondation Jean-Jaurès 2015
Bastien Cabot, 1892 : quand les mineurs du Pas-de-Calais s’en prenaient aux « étrangers » belges, préface de Christophe Prochasson, Presses universitaires de Rennes, 2017. 

Prix de la Fondation Jean-Jaurès 2016 (ex aequo)
Pierre Alayrac, De l’internationalisme socialiste au Congrès de Londres (1896), préface de Jean-Numa Ducange et Blaise Wilfert-Portal, Presses universitaires de Rennes, 2018.
Antoine Tarrago, Léon Blum et l’émancipation des femmes, préface de Christine Bard, Tallandier, 2019.

Prix de la Fondation Jean-Jaurès 2017
Mélanie Fabre, Dick May, une femme à l’avant-garde d’un nouveau siècle 1859-1925, préface de Vincent Duclert, Presses universitaires de Rennes, 2019. 

Prix de la Fondation Jean-Jaurès 2018
Elisa Steier, La genèse de la gauche plurielle (1993-1997), master 2 soutenu en juin 2018 à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne sous la direction de Frank Georgi (à paraître en 2020)

Lire la suite